27 novembre 2008
Grêve (quasiment) générale (plus ou moins) forcée
D'abord, nous voulions vous parler des quelques jours que nous avons passés à Saül avec François vers la mi-novembre. Mais devant l'actualité brûlante de ces derniers jours, et puisque pratiquement aucun média national n'en fait écho, nous allons plutôt évoquer les troubles qui ébranlent en ce moment la Guyane.
Diverses associations on effet décidé de passer à l'action pour faire baisser le prix de l'essence qui, après avoir flambé de 46 centimes en moins de 2 ans, atteint aujourd'hui 1,77€ pour l'essence et 1,55€ pour le gazole. Et comme il n'est pas très compliqué de perturber un réseau routier qui s'étale linéairement le long du littoral, une quinzaine de barrages stratégiquement placés suffisent à paralyser le département depuis lundi.
Cayenne tourne aujourd'hui au ralenti (circulation sporadique, magasins fermés, pas de marché) et quelques heurts éclatent chaque nuit, mais pour l'instant, il n'y a pas vraiment de quoi dramatiser (ne sachant pas trop quoi penser de ces évènements, cette remarque est à prendre au sens le plus égoïste qui soit). Personnellement, je ne vais plus au travail depuis hier (mercredi) et tout ceci a un goût de grandes vacances anticipées. Isa, elle, continue à aller bosser, mais de moins en moins puisque peu de nouveaux patients viennent consulter.
Et c'est dans cette ambiance mouvementée que nous nous apprêtons à entrer dans notre dernier mois en Guyane. A moins que nous n'y soyons déjà car notre départ pourrait se voir avancé.
12 août 2008
Les Vielles Charrues à Awala-Yalimapo
En Guyane aussi, l'été apporte son lot de festivals de plein air. Bon. En fait, il y en a un. Tous les deux ans. Autant dire qu'on s'est jetés sur l'occasion dès que nous avons eu vent de cette 3ème édition du festival Kiyapane d'Awala-Yalimapo.
Sur deux jours (du samedi après-midi au dimanche matin), se sont succédés des groupes venant de Guyane, du Suriname (l'ouest guyanais vit au moins autant au rythme de Paramaribo qu'à celui de Cayenne), mais aussi de Haïti, de Jamaïque et de France. Au programme, des musiques traditionnelle amérindiennes, créoles (kaséko), de la musique bushinenge (aléké), du reggae, du hip-hop, etc.
Et puis le lendemain, nous avons fini le week-end en douceur, en profitant des cocotiers de la plage de Yalimapo pour poser les hamacs à l'ombre.
21 mars 2008
Mizik 2
Continuons notre petit tour des musiques guyanaises (ou plutôt : populaires en Guyane) :
- Musique carnavalesque
Je ne vous refais pas le coup des dancings et du carnaval. Je pense que vous avez déjà compris. Le morceau qui suit est l'œuvre des Mécènes, le groupe de chez Polina, et je ne peux pas vous dire s'il s'agit d'une biguine ou d'une mazurka, parce que je confonds toujours les deux.
boomp3.com - Kassé-kô
Il s'agit du folklore guyanais, une musique simplement faite de percus et de chant. C'est très beau, mais malheureusement assez marginal. Man' Serotte, l'auteure de ce morceau, est une vieille femme et sa maison, jadis un des derniers hauts lieux du folklore local, est maintenant loin d'être la plus bruyante de notre quartier.
boomp3.com - Kompas
C'est un style de musique haïtien, et c'est vraiment très bon aussi.
boomp3.com - Chris Combette
Et puis il y a notre coup de cœur : Chris Combette. Un monsieur qui a digéré toutes les influences reggae, bossa nova, kompas, et autres, et qui fait une musique très originale, que nous n'avons découverte que récemment.
boomp3.com
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11 mars 2008
Mizik
Allez, un peu de culture ! Je vais vous parler aujourd'hui des différentes musiques auxquelles nous sommes exposés ici. Vous verrez que ça reflète bien la diversité des cultures représentées en Guyane.
- Reggae
Les idéaux rasta résonnent forcément beaucoup plus intensément aux oreilles de peuples qui partagent avec eux la même histoire de colonisation, de souffrance et le même lien sanguin à l'Afrique. Les artistes guyanais de reggae sont nombreux. Je vous mets juste LE tube de Reggaematik (Jah Jah est réel) et aussi un tube plus récent, Mo kontan to, de Moudjahyz.
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boomp3.com - Ragga / Dancehall
Forcément, ça, c'est jamais bien loin quand il y a du reggae. Voilà un titre de Vybz Kapone, qui s'appelle DJ Pousse la Basse.
boomp3.com - Brega
Voilà une musique que vous devriez normalement trouver nulle, mais ici on adore. C'est une espèce de soupe brésilienne très basique, mais essayez de danser ça à 2 (un genre de rock), arrosé à la caïpirinha, et normalement vous devriez aussi être conquis.
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Et puis comme il y en a plein d'autres, on ne vous met pas tout aujourd'hui...
A suivre...
09 février 2008
Le Président sur la rampe de lancement
On parle de lui partout, donc pourquoi pas sur notre blog ? D'autant que même si nous étions jusque là assez loin de ses frasques, nous sommes en ce moment rattrapés par l'actualité locale.
Petit extrait du Canard Enchainé de mercredi :
Le Président honorera de sa présence, le 11 février, le centre spatial de Kourou. Il n'y passera que quelques heures, dans l'après-midi, mais rien n'est trop beau pour sa venue. Envoyés en reconnaissance, les émissaires de l'Elysée ont dressé un état des lieux[...]. Conclusion de ces experts : l'endroit n'est absolument pas à la hauteur de l'événement.
D'abord, il n'est pas question que le gros Transall qui transporte l'intendance et l'escorte chargée de la sécurité du grand homme aille se poser à Rochambeau, l'aéroport de Cayenne, distant de 80 km ! Il a donc fallu dégager les alentours de l'aéroclub de Kourou, en bordure de la forêt tropicale, abattre des arbres, réaménager le secteur. Montant de ces quinze jours de jardinage : 30 000 euros.
Sarko, lui, atterrira en hélico [...].On a donc procédé à la réfection des parkings et construit des abris antipluie. [...] Puis, comme le cortège présidentiel devra emprunter une partie de la route qui relie le centre de lancement au centre technique (25 km), on a refait le marquage au sol et le revêtement sur une partie du trajet. Le bâtiment météo a été entièrement repeint, tout comme le PC Jupiter II, passé - délicate attention sans doute - au... karcher. [...]
Et dire que certains se plaignent que les DOM-TOM coûtent trop cher à la France...
(Ça fait du bien un peu de démago des fois...)
16 janvier 2008
Soirée Touloulou
En fin de semaine dernière j'ai pris un petit coup de froid (au boulot certainement). Mais j'ai malgré tout fait un week-end carnavalesque en entier. Autant dire que je suis complètement vidée et super balade. Mais je voulais quand même vous raconter un peu.
Je ne réexpliquerai pas le principe des touloulous puisqu'il suffit de cliquer là pour s'en souvenir. Par contre je vous mets des photos de ma soirée "touloulou lakrèch".
Le principe est assez simple. Les femmes font leur soirée de leur côté, la préparation et le repas sont tout aussi sympas que la suite. La suite, c'est se promener masquée et méconnaissable avec une allure de princesse et pouvoir inviter absolument n'importe qui à danser. Les danses sont spécifiques à cette période de l'année et sont ... comment dire... collées/serrées !
Il n'y a que des photos de la préparation, après j'étais bien trop occupée à apprendre à danser le piké...
Le lendemain, on a enchainé sur le défilé avec le groupe de capoeira et percussion. Notre groupe n'était certainement pas le mieux costumé, mais peut-être bien le plus énergique. Comme nous redéfilerons encore les dimanches qui suivent, nous vous mettrons quelques photos plus tard.
21 octobre 2007
Les enfants du Fleuve
Après les Hmongs, intéressons-nous à un autre peuple singulier de Guyane, que nous avons rencontré lors de notre descente du Maroni : les Bushinengés, ou Noirs-Marrons.
Il s'agit de descendants d'esclaves ayant fui les plantations du littoral à la faveur de révoltes qui ont jalonné l'histoire des diverses colonies. Traqués par les chasseurs de primes d'un côté et en concurrence directe avec les Amérindiens de l'autre, ils ont trouvé dans la forêt quelques points de refuge, pour beaucoup le long du Maroni ou au Suriname. Là, ils ont dû réinventer un nouveau mode de vie, en s'inspirant notamment beaucoup de leur culture africaine (langue, cuisine, arts graphiques, musique, danse). Cette culture est aujourd'hui encore très vivace et les distingue radicalement des Créoles, descendants d'esclaves libérés lors de l'abolition. Contrairement à ces derniers, les Noir-Marrons se sont peu mêlés aux autres peuples de Guyane et sont donc bien moins métissés.
Aujourd'hui, on retrouve principalement les Bushinengés sur le bas Maroni (entre Maripasoula et Saint-Laurent), et sur l'ouest du littoral, vivant dans des petites maisons en bois de part et d'autre de la route. A plusieurs reprises, pendant notre descente du fleuve, des enfants sont venus jouer autour de nous, en posant fièrement devant les appareils photo. Isa ne s'est pas faite prier et en voici quelques unes.
25 juillet 2007
Animaux guyanais
Samedi dernier, j'ai fait une rencontre originale avec ce petit paresseux. Il s'était perdu tout près de chez nous.
J'en profite pour faire un album où vous verrez quelques uns des animaux que nous avons croisés et photographiés jusque là. J'espère bien sûr que nous aurons l'occasion de l'étoffer. Dans ce cas, nous ne manquerons pas de vous le signaler !
Bonne visite !
19 juin 2007
Energia Pura !
Depuis mi-février, il fallait bien compenser mon manque de nicotine... Je voulais, depuis longtemps déjà, me mettre à la capoeira. C'est chose faite !
La capoeira est une expression culturelle afro-brésilienne. Cet art martial puise ses racines dans les méthodes de lutte, de danse et les rituels des peuples africains. Il se pratique sous forme de ronde ("roda") : autour, les uns chantent, jouent des instruments de musique et donnent "l'énergie" aux deux capoeiristes qui "jouent" au centre. Les figures sont surtout basées sur des coups de pieds et pour les plus athlétiques sur de vraies acrobaties.
La pratique de la capoeira était interdite jusqu'en 1932, date à laquelle la première académie a été fondée par "Mestre Bimba". Il l'a codifiée en utilisant un système de cordes, similaires aux ceintures dans le karaté. Samedi dernier, il y avait la cerémonie du baptême, au cours duquel nous avons passé nos grades. Je suis corde verte claire : ça en jette, non ?
J'y ai aussi reçu mon nom de baptême. Vous pouvez désormais m'appeler : Agoutia... Je ne vous expliquerai bien évidemment pas ce que cela signifie.
Guillaume vous a concocté un petit clip à partir des vidéos prises par une copine avec mon appareil photo. Ne cherchez pas, je ne suis pas dessus, j'étais déjà passée quand elle a trouvé le bouton pour filmer ! J'espère avoir l'occasion un jour de pouvoir faire des photos en extérieur (comme celle ci-dessus prise à l'occasion du carnaval), qui seront probablement mieux réussies que celles-ci.
07 mars 2007
Les touloulous
Le carnaval guyanais ne serait rien sans les touloulous. Il s'agit de femmes (normalement...) qui se déguisent de façon à n'être absolument pas
reconnaissables, même pas par des proches. Pour cela, elles recouvrent l'ensemble de leur corps de façon à ce que pas même un cheveu ne dépasse. Ces précautions sont l'occasion d'acheter ou plus souvent de se confectionner de véritables robes de princesses.
Une fois prêtes, elles peuvent aller danser chez Nana ou Polina. Fermés pendant la plupart du reste de l'année, ces deux dancings (c'est comme ça qu'on dit) deviennent le "place to be" pendant toute la durée du carnaval. Et les touloulous en sont les reines : ce sont elles qui invitent les hommes à danser, ceux-ci n'ont pas le droit de leur refuser à boire et les femmes non costumées n'ont pas le droit de danser.
Nous n'avons pas eu l'occasion d'entrer dans l'un de ces endroits cultes, mais nous avons participé à la soirée face à face, qui voit s'affronter le groupe de Polina (les Mécènes) et celui de Nana (les Blue Stars). Une très bonne soirée où nous avons dansé des piké endiablés, tout en admirant des costumes magnifiques.


















